Le nomadisme n’est pas une errance – LUDOVIA 2011

Le nomadisme n’est pas une errance

La visite de Ludovia commence par une incursion au colloque scientifique. Nomadisme, mobilité, de quoi parle t’on et pour quelles réalités ? Thierry Gobert, enseignant chercheur en info com nous propose des pistes pour explorer les mots, les notions et les représentations. Les propos flirtent parfois avec une complexité difficilement accessible pour qui n’en possède pas la clé. Mais dans l’ensemble, ce cadrage d’entrée est limpide et offre à Ludovia une mise en bouche opportune.

Mobilité, nomadisme, le marketing les vante et les utilisateurs les nient. Mobilité, nomadisme, les représentations parfois négatives ou restrictives de ces mots empêchent qu’on les prononce volontiers. Le mot mobilité s’apparente parfois à la précarité, le nomadisme semble dévolu aux gens du voyage. On ne se dit ni mobile ; ni nomade mais les pratiques se rapprochent du nomadisme.

Avoir un mobile ne suffit pas pour se sentir mobile. Thierry Gobert l’a constaté lors d’observations menées auprès d’étudiants à l’IUT de Digne les Bains. Dans cet établissement situé en zone rurale, les étudiants pensent leurs besoins en réseaux et en interopérabilité supérieurs à ceux des étudiants citadins. Or les usages ne sont pas différents. « On est jeune donc on est mobile même si on ne bouge pas ». « on est scotché au téléphone, c’est le téléphone qui est mobile ». Pour ces étudiants, être mobile signifie ne pas être engagé, se transporter, ne pas être fixé professionnellement.

 

Thierry Gobert rappelle que le nomadisme n’est pas une errance, il correspond à une pérégrination pour trouver des ressources. Le nomadisme est communautaire alors que la mobilité est individuelle. La communauté est propriétaire d’un espace avec des règles, ceux qui restent les construisent, celui qui passe les enrichit.  En version numérique, la pérégrination subsiste dans les communautés. La notion de partage est prédominante et la référence à une histoire commune que l’on créé ou on recrée est fréquente. La communauté est le petit dedans qui s’oppose au grand dehors. Pour Thierry Gobert, on ne trouve pas de communauté mobile car la mobilité n’inclut pas le partage. Dans les observations qu’il a menées auprès des étudiants de Digne, cet aspect communautaire ressort. Le web social est circonscrit à la sphère personnelle. Il est communautaire, Internet sociétal.

Alors mobile ou nomade ? Nomade sous les habits de mobile sans doute. La différence de notion peut sembler subtile. On en retient surtout l’aspect communautaire. Dans l’apprentissage mobile, la construction d’une communauté avec ses règles, son identité, le partage des données et des savoirs qu’elle sous-tend semble nécessaire. Alors nous retiendrons ce terme de nomade en empruntant à Thierry Gobert le mot de la fin : « On domestique le terme nomadisme en utilisant la notion de mobilité. »

http://www.cafepedagogique.net/communautes/LUDOVIA2011/Lists/Billets/Post.aspx?ID=4

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s